Elle m’a suivie jusque dans la salle de bain

Je ne crois pas aux fantômes.Mais depuis cette nuit, je ne me regarde plus dans un miroir sans arrière-pensée. J’avais entendu parler d’elle comme tout le monde.Aïcha Kandicha.Une histoire de village. De vieux. De femmes qui murmurent bas quand elles lavent le linge. Mais moi, je vis en ville.J’ai une salle de bain blanche, une…

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Je ne crois pas aux fantômes.
Mais depuis cette nuit, je ne me regarde plus dans un miroir sans arrière-pensée.

J’avais entendu parler d’elle comme tout le monde.
Aïcha Kandicha.
Une histoire de village. De vieux. De femmes qui murmurent bas quand elles lavent le linge.

Mais moi, je vis en ville.
J’ai une salle de bain blanche, une brosse à dents électrique, un miroir anti-buée.

Et pourtant.

Tout a commencé par un rêve.
Une silhouette debout près de mon lit.
Je ne voyais pas son visage.
Mais je voyais ses pieds.

Pas des pieds humains.
Des pieds d’animal. Humides. Crochus. Silencieux.

Je me suis réveillée en sursaut.
J’ai allumé la lumière. Personne.
Mais… mes draps sentaient la menthe. Forte. Trop forte.

Le lendemain, dans ma salle de bain, mon miroir était fendu.
Pas brisé. Juste… une ligne fine, presque élégante.
Comme une cicatrice.

Je n’y ai pas trop pensé. Jusqu’à ce que mon reflet cligne avant moi.
Une fois. Deux fois.
Et puis il m’a souri.

Je suis restée figée.
J’ai soufflé sur le miroir. Ma buée n’a pas bougé.
Et pourtant, il y avait de la buée de l’autre côté.

Depuis, je me lave sans me regarder.
Je parle toute seule pour couvrir le silence.
Je laisse la lumière allumée, même la nuit.

Car parfois…
Je sens l’odeur de menthe remonter dans les tuyaux.
Et j’entends ses pas… là, juste derrière moi.

On dit qu’elle apparaît à ceux qui doutent.
Moi, je ne doute plus. Je sais.

Elle vit dans le miroir.
Et elle attend que je cligne des yeux.


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